29.04.2009

Tu ne tueras point. 2 : Lisieux.

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Lisa Gerrard

''Sanvean live mayfair theatre''
podcast

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2 è partie.

  

Le bruit de la bible frappant le bureau du brave Augustin me résonne encore dans les oreilles quand je sors dans le parc, mon sac à la main.

Je réfléchis, pariant sur le temps que mettra Nico pour sortir à son tour. Il a la trouille que son dabe réagisse mal à son départ anticipé du monastère.

Je reste debout, à regarder la campagne. 20 minutes s'écoulent et j'entends des pas sur les gravillons du parc. Je ne me retourne pas, car je sens déjà l'odeur de renfermé des habits (qui font pas le moine) du bon papy Augustin. Il s'arrête à ma gauche et commence à me parler sur un ton calme et hypocrite, mais je continue de matter devant moi, comme s'il n'était pas là.

Il tente d'édulcorer ses propos du matin et de jouer sur ma jeunesse et mon manque d'expérience, mais je parviens à me concentrer sur la nature environnante et à ne plus comprendre ses mots qui deviennent un bruit de fond.

Je me sens serein, et j'apprécie ce moment de paix intérieure, alors qu'un des plus gros fachos  rencontrés dans mon existence (passée et future) est debout à côté de moi, à portée de mon crochet du droit...


Au bout de 5 minutes, j'entends de nouveaux pas, plus timides, sur le gravier. Je sais que c'est Nico. Il passe en me regardant  avec une tronche de chien battu et son sac à la main... ouf... on va enfin se barrer de là.

Sans un regard pour l'intégriste, je monte dans la 4L et Nico démarre, sans un mot.

Son visage est tendu, et je sens qu'il rumine, que ses pensées se bousculent.

Je laisse faire. Avec les kilomètres et la distance, il va décompresser. Et, au bout de 10 minutes, le voilà qu'il se lâche : ''Ce con nous a fait méditer sur le moment de notre mort ! tu te rends compte ? Il nous a fait mettre à genoux, les yeux fermés et nous a demandé d'imaginer le moment de notre mort...''

''Et t'as fait quoi ? t'as essayé ?'' je demande.

''Ben non, je suis pas venu là pour me plomber le moral, c'est pas ça qui m'intéresse... pour moi, Dieu c'est la vie, les gens qui m'entourent, la nature, tout ça autour de nous... je sais pas moi...''

Je le sens paumé, désorienté. Je lui réponds ''n'y pense plus, ça va passer. On va sur la côte, tu verras, ça va nous changer les idées.''

En route, je lui raconte mon histoire, ma conversion, ''l'expérience''... je lui parle pendant presque 2 heures et peu à peu, il se détend et parait rassuré.


On arrive en vue de Lisieux, et à plusieurs kilomètres, la basilique de Ste Thérese est visible. L'idée nous vient d'y faire une étape.

La voiture garée, on monte vers l'église. Parvenus devant celle-ci, on aperçoit l'entrée de la crypte vers laquelle on se dirige.

En entrant, on est frappés par la fraîcheur et l'obscurité de la crypte. En avançant doucement dans l'allée centrale,  j'observe Nico, qui regarde autour de lui comme un gamin émerveillé. On marche jusqu'à l'autel, et à ce moment, une voix de femme, diffusée par des haut-parleurs cachés derrière l'autel, dit ceci :

'' J'ai finalement trouvé ma vocation... Ma vocation c'est l'amour... Dans le coeur de l'Église, ma mère, je serai l'amour. Ainsi je serai tout et mon rêve sera réalisé... "

En entendant ces mots, je pense au contraste entre ce lieu de paix et le monastère fasciste. Je me tourne vers Nico et je le vois chialer en se tenant le visage, puis s'asseoir sur un banc, laissant aller son émotion.

Je m'installe plus loin, par pudeur, heureux de le voir touché par cet instant magique, instant de grâce...


Ce sont de tels instants, de telles coïncidences ou signes, qui m'ont poussé à croire, pendant des années, que des yeux invisibles et bienveillants me guidaient dans mon parcours spirituel... c'est si rassurant.

 


17.04.2009

Tu ne tueras point...

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C'était en 81, quelques mois avant l'arrivée de Mitterand. Une période où le mot espoir avait un sens.

Je traînais les monastères depuis quelques temps déjà, en France et en Belgique (Orval, Chevetogne et Rochefort) à la recherche de ''dieu''.

Un beau jour, un de mes potes, Nico, m'expliqua que son père nous invitait à un séjour dans une abbaye de Normandie. Le père de Nico ne venait pas, mais nous avait recommandés aux responsables de l'abbaye.

Nico était aussi en recherche, et nous avons accepté l'invitation. On avait prévu de rester 4 jours chez les moines, et ensuite de rejoindre des copines pour les vacances de Paques sur la côte normande (hhmm... les gentilles normandes) Ben oui, c'est pas parce qu'on est potes avec les moines qu'on bouffe l'oreiller et qu'on donne du dos, hein...

Une journée de route en 4L (une GTL siouplait) et nous voilà rendus, comme disent les Nantais.


Un bâtiment classique, genre petit manoir 18è, entouré d'un parc sympa. Un tit moine rasé et timide nous accueille et nous conduit à nos chambres. L'endroit avait l'air cool, et Nico et moi étions détendus, décontractés du gland, comme aurait dit ce cher Depardieu.

Le tit moine nous précise qu'après le repas, le père Augustin, le big boss, se présenterait aux nouveaux arrivants.

Pas de prob, Bob.

On s'installe pour le souper ; et là effectivement, il portait bien son nom, le souper... un bouillon cube et 3 bouts de carottes qui se battaient en duel au fond de l'assiette...(vrai !)  D'accord, ça nous coutait rien, mais la nuit promettait d'être longue pour les estomacs. 800 bornes pour se taper une soupe pourrie... merci petit jésus.


Après les festivités, le père Augustin s'amène. La cinquantaine, allure dynamique et autoritaire, crâne rasé, genre ancien militaire converti.

A cette époque, je ressemblais à Carlos Santana, les tifs frisés sur les épaules, la moustache mexicaine et les chemises à carreaux et à fleurs. J'étais loin d'imaginer que 25 ans plus tard, je ressemblerais au père Augustin.

Il nous accompagne dans une salle où se trouvaient déjà une quinzaine de mecs assis, l'air constipé, comme ta mère quand elle a bouffé trop de chocolat noir.

Nico s'assied à une table du 2è rang côté gauche, et moi au fond, derrière les autres. En observateur...

Augustin entame son discours de bienvenue, aimable, et embraye sur le programme de notre ''retraite'' spirituelle : méditation, prière, étude de la bible, et autres joyeusetés. Faut dire qu'on était pas au Club Med.


Ensuite, sans transition, il nous annonce que nous consacrerons les prochains jours à prier contre les ''périls imminants menaçant la France'', comparant l'éventualité  socialiste avec un danger diabolique et fatal pour notre pays, et d'autres fadaises...

Je suis sidéré, et plus il parle, plus j'angoisse à l'idée de rester une heure de plus dans cette annexe du FN.

Je regarde Nico du coin de l'oeil, espérant une réaction, mais il reste passif. Nico était un mec super cool et non-violent, et à ce moment, je comprends qu'il est sous la domination du père Augustin, comme tous les mecs présents ici.

A la fin de la réunion, je rejoins Nico : ''Ecoute, Nico, je vais pas pouvoir supporter les conneries de ton père Augustin... on se casse demain matin, d'accord ?''.

Il hésite : ''Si on part déjà demain, je vais me faire engueuler par mon père...'' Et moi : ''J'y peux rien si ton dabe est un gros facho, moi je me tire demain en stop sur la côte et tu fais comme tu veux...'' Nico réflèchit 2 secondes et négocie : ''Bon, on essaie de suivre le cours de religion demain matin, et on verra bien...''


Le soir, je vais dans la chapelle souterraine déserte, et je m'assieds pour prier devant une vierge. Je demande la force de rester calme, et que Nico sorte de son inertie et réagisse, afin qu'on se tire de ce coup fourré.

Puis, apaisé, je monte me pieuter, en récupérant au passage un crouton de pain dans la cuisine.


Réveil en sursaut à 4 heure du mat !... Un bruit de cloches dans le couloir, suivi de coups à ma porte !... je bondis quand un dingue et j'arrache à moitié la porte en découvrant devant moi un moine, qui me baragouine je ne sais quoi en latin. (j'ai fait 3 ans de latin au bahut)

Je lui gueule : ''c'est quoi ce bordel à 4 h du mat ? '' et l'autre qui continue de jacter en latin, ce con... ''Mais putain, barre toi ou je te fais bouffer ta cloche, ahuri !''... et je lui claque la porte au nez. Difficile de se rendormir après ça... Et je n'ai jamais su ce que voulait cet abruti.


Le matin, breakfast pour anorexique au régime. Franchement, c'est plus une retraite spirituelle, ça tourne au stage de survie.

Plus l'heure du ''cours de religion'' approche, et plus ma tension (artérielle)  monte...

Un son de cloches dans le couloir... ce doit être le signe du ralliement. Tout le monde se lève et on entre dans la salle de ''cours''.

Re-père Augustin, qui nous convie à un moment de prière pour s'échauffer avant le combat contre les forces du mâle.

Nico me surveille d'un oeil, estimant mon degré de patience sur l'expression de mon visage. Après 30 minutes, le bon Augustin reprend son discours facho-parano de la veille.

Mon esprit bouillonne... j'ai envie de me manifester, de casser son discours de merde, mais je sens le regard suppliant de Nico...

Et puis une idée me traverse l'esprit : poser une colle au père Augustin. la bible dit ''tu ne tueras point'', ok ? et le gouvernement de droite est pour la peine de mort... or, les socialistes, diaboliques, ont promis d'abolir la peine de mort... donc ceux-ci sont plus proches des évangiles que la droite pure et dure prônée par ce connard.


Je lève la main, poliment, pour lui poser la question. Il fait semblant de pas voir et continue... là, je tente un ''s'il vous plait'', mais je n'ai que le temps de faire ''s'il vo...'' que ce con se met à hurler : ''Silence !!! c'est moi qui parle ici !!! vous êtes là pour écouter !!!... compris !!!''

Et il continue de gueuler... mais je n'entends plus... je suis scotché sur ma chaise, le bras levé comme un gogol, mon coeur qui bat de plus en plus fort. Et là je réagis... je me lève brutalement, et voyant ma pâleur et mon regard allumé, il se tait.

Je lui jette sur un ton cassant : ''une question, une seule et ensuite je vous laisse, ok ?''... Et le voilà t-il pas qu'il colle ses mains sur ses oreilles, bien me montrer qu'il m'écoute pas, qu'il veut pas m'entendre... c'était trop... j'attrape la bible posée sur ma table, et je m'avance vers lui...

En m'approchant, je lève la bible comme si j'avais l'intention de lui écraser sur la gueule et je la claque sur son bureau, et, me penchant sur le père Augustin stupéfait, je lui dis tout calmement : ''tes paroles ont une odeur d'inquisition...''

Fier de mon effet théatral, et content de ne pas l'avoir insulter, je lance à Nico, en sortant ''je t'attends à la voiture...''


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à suivre...

 

 

15.04.2009

Petites citations...

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Bowie

par Yann Tiersen et Neil Hannon

''Life on Mars''
lpodcast

 

Ci-dessous, je laisse la parole à quelques auteurs exprimant leur avis -souvent radical-  sur la religion, la bible et les prêtres. Mais je pense que la citation de Montaigne résume tout.

Je sais qu'une citation est réductrice de la pensée d'un individu à un moment donné de son existence, et peut paraitre exagérée, mais le but de mon blog est de faire réagir, de choquer et  faire réfléchir sur nos croyances et nos espérances, sur nos conditionnements, de faire prendre conscience qu'il est essentiel d'essayer de conserver l'ESPRIT CRITIQUE face aux dogmes et aux institutions...

 

 

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La première citation colle parfaitement aux situations vécues par les femmes et les fillettes dans certains pays musulmans.



Helen H. Gardener (1853-1925) d'après: "Men, Women and Gods" pag. 14.

La bible nous enseigne qu'un père peut vendre sa fille pour un esclave [ Ex. XXX, 7 ], qu'il peut sacrifier sa pureté à une foule [ Jg. XIX, 24 ; Gn,. XIX, 8], et qu'il peut l'assassiner, en restant quand même un bon père et un saint homme. Elle nous enseigne qu'un homme peut avoir tout nombre d'épouses ; qu'il peut les vendre, les offrir, les échanger, et continuer à être un parfait gentilhomme, un bon mari, un homme juste, et l'un des amis les plus intimes de Dieu ; et ce n'est qu'un bon début. Elle enseigne aussi presque toutes infamie qu'on a sous le ciel contre la femme, et elle ne la reconnaît pas comme un être humain libre et doué de volonté autonome. Elle la classe comme une propriété, juste comme un mouton : et lui interdit de penser, parler, agir, ou exister, sauf sous des conditions et des limites définies par quelque prêtre.



George Carlin (1937-2008) d'après "Politically Incorrect" May 29th, 1997-03


La religion a réellement convaincu les gens qu'il y a un homme invisible, vivant dans le ciel, qui observe tout ce que nous faisons, chaque minute de chaque jour. Et l'homme invisible a une liste spéciale de dix choses qu'il ne veut pas que nous fassions. Et si nous faisons une quelconque de ces dix choses, il a un endroit spécial, plein de feu et fumée et bûchers et torture et angoisse, où il nous enverra pour vivre et souffrir et brûler et étouffer et crier et pleurer pour toujours et jusqu'à la fin des temps !

Mais il nous aime.



Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592)

Une compréhension simple et une faible instruction font de bons chrétiens.



Dennis Miller (1953-87)

66% des catholiques font du sexe une fois par semaine. Le nombre serait moindre, mais ils ont compté même les prêtres.



Daniel Defoe (1660-1731) d'après: "The True-Born Englishman" Part II (1701-17)

De toutes les pestes dont l’humanité est affectée, la tyrannie ecclésiastique est la pire.



Sir James Paget (1814-1899)

Je ne connais aucun livre qui ait été une telle source de brutalité et conduite sadique, publique et privée, qui puisse rivaliser avec la bible.



Charles de Montesquieu (1689-1755) d'après: "Lettres persanes" (1721)

Aucun royaume n’a tant souffert de guerres civiles que le royaume du Christ.



William Blake (1757-1827) "The Marriage of Heaven and Hell" (1790-3)

Comme la chenille choisit les feuilles les plus belles pour y pondre ses oeufs, ainsi le prêtre lance ses malédictions contre les joies les plus belles.


Anne Newport Royall (1769-1854) d'après: "Missionaries, Black Book", Volume III (1829)

Ce peuple de la bible me rappelle une autre calamité semblable à cette escroquerie des missionnaires, quand notre peuple, ou n'importe quel autre pouvoir chrétien allait en Afrique pour le but pieux de kidnapper des nègres, les mères criaient à leurs fils "sauve-toi, sauve-toi, arrivent les chrétiens  !".  Ainsi quand vous entendez le mot "bible", commencez à courir pour vous sauver, si vous ne voulez pas qu'ils vous vident les poches, ou qu'ils vous insultent ou calomnient, comme ils ont fait avec moi ... et si vous entendez parler de "conversions pleines d'espoir" ou "d'evangile," ne cessez pas de regarder derrière vous.



Edgar Allan Poe (1809-1849)

Les pionniers et les missionnaires de la religion ont été la réelle cause de plus d'ennuis et guerres que toutes autres classes de l'humanité.


George Eliot (Mary Ann Evans, 1819-1880,14)

Mon enfance a été pleine de profondes souffrances : coliques, coqueluche, peur des fantômes, enfer, Satan et un Dieu dans le ciel qui se fâchait lorsque je mangeais trop de plumcake.

(le plumcake est un gateau au prunes)



Dylan Brody (1964-56)

Je suis d'accord avec la prière dans nos écoles, si vous êtes d'accord à trouver une place pour l'algèbre dans nos églises.





09.04.2009

Sensations...

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Peter Gabriel

''I Grieve''


podcast

 


Sensation.


J'utilise souvent ce mot pour décrire mon ''monde intérieur''.

Je ne suis pas littéraire, et je suis plus doué pour les écrits techniques de sujets familiers tels que les sciences sociales, l'informatique ou les multimédias, parce que mes lectures se réduisent à ces domaines.

Je ne lis plus de littérature depuis des années. Je ne parviens plus à me concentrer sur un récit, car ma pensée vagabonde sans cesse, et dès qu'un texte dépasse 20 lignes, ça me saoule... Pourtant, il fut un temps où je lisais 2-3 bouquins par semaine.

En revanche, je lis régulièrement les textes de quelques blogueurs et blogueuses (quand ça dépasse pas 20 lignes...) d'un niveau littéraire de grande qualité, et dont je suis admiratif et envieux...

Mon dernier roman lu entièrement est ''Hannibal'' de Thomas Harris, et je crois que les descriptions des sentiments par l'auteur y sont pour quelque chose. Le monde intérieur du monstrueux Hannibal Lecter est extraordinairement décrit (exellente traduction de Bernard Cohen) et en fait un être proche, intime, presqu'amical.


Je ne peux pas évoquer le domaine spirituel et religieux sans essayer de décrire mon monde intérieur, où se côtoient amour, émotion, joie, espérance, foi, doute, peur, haine, désespoir...

Mon cynisme grossier et ma colère envers les pharisiens et les culs-bénis ne m'empêchent pas de parler d'amour.


Amour.

Il est facile de parler de l'amour-sentiment, l'amour-désir, qui nous accompagne quotidiennement, car incarné dans le corps et lié au mental.

Mais j'ai envie de parler de ''l'amour pur'', que les mystiques  tentent de décrire et qu'ils assimilent à "dieu" : St Jean de La Croix, Ste Thérese d'Avila (et d'autres plus contemporains) L'amour qui se manifeste, imprévisible, et me touche parfois au cours de ma vie.

Amour qui peut survenir dans les bras d'une femme, ou d'une autre femme, lointaine, alors que nos pensées et nos émotions se rejoignent, nous liant à travers l'espace et le temps pour laisser place à cet amour.

Amour qui survenait en tenant mon enfant dans mes bras, lorsqu'il était tout petit. Amour qui m'envahit encore, en le regardant simplement exister et grandir...

Amour qui arrive n'importe quand, n'importe où...

Sensation ineffable... je ne peux pas l'écrire... ça fait 15 fois que j'essaie, et j'efface et je recommence, je retourne les mots, les idées... impossible.


Lorsque je pense à cette sensation d'amour qui ne dure que quelques minutes ou secondes quand elle survient, je l'associe à une présence, à une manifestation vivante. L'amour nait en moi, fait partie de moi, et en même temps, il m'est étranger, ne dépend pas de moi... l'amour est libre...

Je croyais que cette présence d'amour en moi était "dieu". Et je ne pouvais pas concevoir "dieu" autrement.

Si je ne peux décrire l'amour, je peux décrire l'état d'esprit qui accompagne ces instants fugitifs : d'abord la surprise et l'étonnement. Et puis la paix intérieure, du bonheur, une joie très douce, calme. Le poids de la vie ne pèse plus à cet instant...

Et puis ce lien invisible qui me lie à ''l'autre''...

 

Quelquefois, mais rarement, l'amour se manifeste et accompagne les sentiments, lors d'émotions et de désirs brûlants et partagés. Alors, il fusionne avec le feu intérieur, intensifie la passion, relie les corps, innonde les ventres et les poitrines, passant d'une âme à l'autre...


Cet amour me semble comme inaltérable, entier, absolu. Comme si rien ne pouvait l'atteindre. Comme s'il pouvait suffire à la vie, remplacer l'air, la nourriture, la parole, la voix, les mots, les gestes, les mouvements, les regards...

Pourtant, aucun geste ne peut le décrire, aucun mot ne peut le dire, aucun regard ne peut l'exprimer...




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